29/08/2006

Marcel Levaux (3)

LE SUFFRAGE UNIVERSEL EN BELGIQUE

En 1830, le Congrès national chargé de rédiger la Constitution de la Belgique comprend 200 membres. Ceux-ci ont été choisis par 40.000 électeurs. Alors que la population du pays s'élevait à l'époque à 4.000.000 d'habitants !

Il instaure le vote censitaire : seuls les riches voteront.

Ce régime électoral s'est maintenu jusqu'en 1893 : 62 ans !

Il a été remplacé par le vote plural. Pour la première fois en 1894, tous les belges de sexe masculin et de plus de 25 ans ont pu voter. Les femmes étaient exclues du corps électoral. Il faut ajouter que ce système "plural" adopté à l'époque accordait une voix supplémentaire aux titulaires de diplômes et une autre aux pères de famille de plus de 35 ans jouïssant d'une certaine aisance. Il y avait donc des citoyens à une, deux ou trois voix. L'inégalité politique reflétait l'inégalité sociale.

Ce régime a duré jusqu'en 1919, 26 ans !

Le suffrage universel pur et simple pour les hommes de plus de 21 ans a été acquis en 1921. C'est une avancée décisive, mais incomplète, les femmes, soit plus de la moitié de la population, sont toujours exclues de ce droit au niveau national. La loi du 15 avril 1920 les autorisait seulement à voter aux élections communales.

Ce régime a encore duré 29 ans, les femmes ayant obtenu le droit de vote en 1948 pour les élections législatives.

Les citoyens d'origine étrangère qui représentent 10 % de la population, essentiellement des travailleurs, n'ont toujours aucun droit de vote. Sauf ceux qui ont réussi le parcours kafkaïen du combattant que fut et reste l'acquisition de la qualité de "belge" soumise presque sans recours à l'appréciation discrétionnaire de la police des étrangers.

23:58 Écrit par Jacques Chevalier dans Documentation | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Chez l'ami Walthère...

Ce midi les deux animateurs de la locale ACPR ont bravé les pluies torrentielles pour se rendre chez leur ami Walthère Franssen à Herstal.

Grâce à lui, nous détenons du matériel historique intéressant pour doter l'exposition des 23 et 24 septembre prochains de pièces qui intéresseront beaucoup les visiteurs cherattois et autres férus d'histoire locale.

Walthère possède chez lui une véritable banque d'archives, super ordonnée, bien rangées dans des dizaines de boites en cartons avec autant de fardes à l'intérieur et divers documents tous en rapport avec le charbonnage de Cheratte.

Fin 2006, il fera don de ce travail au musée de Blégny-Trembleur, c'est incontestablement une grande richesse culturelle

Nous présenterons à l'exposition une douzaine de documents originaux sous verre et une quarantaine de photocopies de divers autres documents ayant trait à l'immigration des Italiens à Cheratte, événements apparamment anodins mais très révélateurs d'une époque bien révolue.

Ce mercredi nous porterons nos divers projets au niveau de notre partenariat.

Retenez bien les dates, heures et lieu :

samedi 23 septembre de 11 h à 20 h et dimanche 24 septembre de 11 h à 19 h, au Tchérattî, rue Aux Communes, 37 à 4602 Cheratte (Hauteurs), entrée gratuite.

22:48 Écrit par Jacques Chevalier dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

27/08/2006

Marcel Levaux (2)

DE L'IMMIGRATION A LA SOLIDARITE ET L'EGALITE POLITIQUE

 

C'est depuis fort longtemps qu'il y a des travailleurs d'origine étrangère en Belgique.

Ainsi en 1921, un livre sur la Basse-Meuse relate que "... dès 1860, Sarolay est devenue une localité cosmopolite où Allemands, Albanais, Algériens et Français se coudoient chaque jour à table, à l'atelier, partageant les mêmes plaisirs et les mêmes distractions."

Dans la première moitié de ce siècle, l'apport des travailleurs étrangers, notamment polonais, particulièrement dans les mines, devient important. Au point qu'en 1936, le gouvernement instaure le permis de travail obligatoire pour les étrangers. Ceux-ci représentent environ quatre pour cent de la population, mais dépassent les 20 % parmi les mineurs de fond.

Après la guerre 40/45 et le départ des prisonniers de guerre allemands occupés dans les mines, le gouvernement Van Acker se tourne vers l'Italie pour gagner "la bataille du charbon". En symbiose avec le patronat minier, il passe un accord avec le gouvernement italien pour recruter des dizaines de milliers de travailleurs pour les charbonnages. Ils leur promettent monts et merveilles, mais commencent par les loger dans les bidon-villes en tôle des prisonniers de guerre....

Après l'horrible catastrophe du Bois du Cazier à Marcinelle, le gouvernement et les industriels se tournent vers les Espagnols, les Grecs, les Algériens, les Turcs, les Marocains...

L'appel à cette main d'oeuvre à bon marché du pourtour de la Méditerranée fluctue au gré de la conjoncture économique et gagne tous les secteurs : sidérurgie, textile, travaux publics, transports, constructions métalliques, etc....

Comme le rappelle Philippe Destate dan son livre "L'identité wallonne", le Conseil économique de Wallonie publie en 1962 le "Rapport Sauvy" et ses fameuses remarques démographiques sur le destin wallon. Il recommande une véritable politique d'intégration des étrangers, s'appuyant sur le regroupement familial, le droit à disposer d'une habitation décente et un renversement total de perspective à l'égard de l'immigration : "Il faut, en effet, sortir l'économie wallonne du cercle vicieux où elle tourne actuellement : on ne crée guère d'emplois parce qu'il n'y a pas de réserves suffisantes de main-d'oeuvre, et l'on renonce à faire venir de la main-d'oeuvre parce qu'il n'existe guère d'emplois vacants".

Le moins que l'on puisse dire, c'est que le gouvernement et le monde financier n'ont pas prêté une grande attention à ces requêtes. Pour le monde patronal, dans les années 50/60, l'immigration est surtout un moyen de faire pression sur les salaires pour que ceux-ci augmentent le moins possible avec le plein emploi.

Dès 1974, le gouvernement décide de stopper légalement l'immigration. Aujourd'hui, la présence des travailleurs étrangers avec leur famille est stabilisée autour de 10 % de la population du pays.

LE ROLE DECISIF DES SYNDICATS POUR LA COHESION SOCIALE

Les syndicats ne sont pas restés passifs devant cette évolution. Les travailleurs immigrés ont été accueillis dans leurs rangs sur pied d'égalité.

Même si la loi du 20 septembre 1948, en son article 16, ne permettait pas qu'ils soient élus dans les Conseils d'Entreprise tout en étant admis à voter, beaucoup d'entre eux ont été élus délégués syndicaux par l'ensemble de leurs compagnons de travail belges et immigrés.

Depuis 1956, la loi reconnait aux immigrés le droit d'être élus aux Conseils d'Entreprise ainsi qu'aux Comités de Sécurité et d'Hygiène. En 1975, la mention de la nationalité disparait de la procédure électorale sociale. Ainsi tous les travailleurs, sans distinction d'origine entre eux, peuvent assumer toutes les responsabilités sociales.

Pourquoi donc ce qui ne pose aucun problème et qui se passe normalement sur le plan social n'est-il pas accepté sur le plan politique ?

Sans doute parce que les détenteurs de la puissance financière et les notables publics de tout bord redoutent comme la peste l'acquisition par l'ensemble de la population de la citoyenneté responsable. Aujourd'hui, celle-ci est revendiquée avec force bien au-delà du droit de vote passif.

C'est la longue histoire du suffrage universel dont nous espérons l'aboutissement proche. (à suivre)

23:03 Écrit par Jacques Chevalier dans Documentation | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Il était une fois... Marcel Levaux (1)

Nous débutons ici le "feuilleton" consacré à l'argumentaire datant de 1997 écrit par notre ami et camarade Marcel Levaux, Député honoraire, dernier Bourgmestre de Cheratte, Président de notre locale ACPR.

 

Il était une fois...

 

Le 14 octobre 1996, lors de la manifestation contre le désaissement du juge Connerotte de Neufchâteau, la soeur de la petite Loubna, Nabela Benaissa prend spontanément la parole sur le parvis du Palais de Justice de Bruxelles. Elle appelle les manifestants au calme pour exprimer dignement leur volonté de justice. Quelques jours plus tard, c'était l'inoubliable Marche blanche....

Des journalistes ont exprimé le sentiment que :

"... ces quelques secondes ont fait plus pour l'intégration des immigrés que des années de débats et de luttes."

Le premier ministre Jean-Luc Dehaene convenait lui-même que le problème "avait été négligé". C'est tristement vrai.

On ne peut lire "Au nom de ma soeur" de Nabela Benaissa sans être profondément ému, bouleversé. Mais aussi sans prendre conscience de l'odieuse stupidité de l'ostracisme politique qui refuse aux immigrés le droit d'être des citoyens de notre pays à part entière.

Ecoutons Nabela se réjouir d'avoir été élue Bruxelloise de l'année :

"J'adore ce prix n'en déplaise à l'extrême droite. Dommage que ce ne soit pas Ixelloise de l'année, car je n'ai jamais quitté la rue Gray ! C'est aussi un prix qui traduit ce que je suis. Ne me parlez pas d'intégration, je suis née ici, j'y ai toujours vécu, je ne vois pas à quoi je devrais m'intégrer..."   "...quand je me balade dans les rues de Bruxelles, je me dis "tout cela c'est ma ville, c'est un peu moi...".

Et pourtant, les vieux démons des objections racistes, xénophobes, insultantes à force d'être stupides refont surface. Et même plus profondément encore, les objections qui sont de toujours à l'accession pleine et entière aux droits politiques des couches sociales modestes et défavorisées.

Il est nécessaire que chacun en prenne conscience à la veille d'entrer dans le troisième millénaire, afin de bannir définitivement l'inégalité politique dans les relations humaines.

 

 

15:13 Écrit par Jacques Chevalier dans Documentation | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Un homme juste

Marcel LEVAUX fut de longues années un député très actif du Parti Communiste. Il est l'auteur d'une proposition de Loi statuant sur le Droit de vote et d'éligibilité sans distinction de nationalité.

L'ACPR Visé-Cheratte, sa locale, vous présentera en une espèce de feuilleton quotidien l'argumentaire écrit par lui en 1997, constituant le cahier n° 16 du Centre d'études et de documention communiste édité par l'asbl Fondation J. Jacquemotte - octobre 1997.

Avant de commencer ce "feuilleton" nous vous présentons les derniers mots de ce texte écrit par Marcel le 19 octobre 1997 :

 

"faire des droits politiques, un droit et un devoir citoyens quelle que soit l'origine nationale, ethnique, sociale, culturelle de chaque femme, de chaque homme de chez nous, voilà qui serait formidable pour l'entrée dans un XXIème siècle plus humain et plus fraternel."

13:59 Écrit par Jacques Chevalier dans Documentation | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

23/08/2006

Présentation de la locale

La locale de Visé-Cheratte de l'Association Culturelle Paul Renotte s'est constituée à l'occasion de la préparation des journées du Patrimoine 2004, c'est à dire en octobre 2003. L'ACPR est une asbl liégeoise d'éducation permanente dont un des fondateurs est Marcel Levaux.

Du fait de son statut l'ACPR est reconnue en tant que telle par diverses autorités, malheureusement elle n'est guère soutenue par les pouvoirs publics si même elle peut disposer de divers services comme n'importe quelle association reconnue.

A Visé, Cheratte plus précisément, nous avons créé la locale en fonction de l'idée d'une reconversion socioéconomique et culturelle du quartier. Idée bien ancrée dans l'esprit de Marcel Levaux, député honoraire, et Jacques Chevalier, animateur principal de l'ACPR, rejoints dans cette optique par d'autres personnes pas nécessairement de Cheratte, ni de Visé, comme Francis Cornerotte et Manuel Madéra-Perez avec qui nous avons mis en place un partenariat pour à la fois présenter Cheratte et son Charbonnage dans sa réalité de 2004 par diverses expressions artistiques, deux expositions de photographies, deux randonnées pédestres à Cheratte-bas, une exposition d'oeuvres d'art par des amis plasticiens des provinces de Namur et du Luxembourg (les Bâtisseurs de l'éphémère).

Ces journées connurent un beau succès. On en trouve traces via de nombreuses photos sur le site de l'ACPR consacré à Cheratte : http://groups.msn.com/Cheratte .

En mars 2005, l'ACPR était aussi très active dans l'organisation de l'exposition "Triangle Rouge" à l'Athénée de Visé durant une quinzaine de jours, fournissant un stand d'oeuvres d'art sous la conduite d'une de ses animatrices : Edith Wéris, mais aussi un débat sur le militantisme humanitaire avec des personnalités telles que JP Brilmaker, pour la Ligue des Droits de l'Homme ou encore Thierry Bodson, Secrétaire Régional de la FGTB Liège-Huy-Waremme. Cette activité globale était financée par le fonds Vandelanotte via le CPAS de Visé, premier organisateur, l'ACPR comme partenaire tout comme les Territoires de la Mémoire (CAL-Liège) fournisseurs de l'exposition.

L'ACPR voulut aussi rassembler divers artistes plasticiens de la Basse-Meuse à cette occasion mais le résultat fut peu concluant même s'il nous permit de faire d'intéressantes rencontres.

L'ACPR c'est aussi en 2005 et 2006 l'organisation, en partenariat avec le cycle supérieur de l'école communale de Cheratte-bas et l'asbl AMO-Reliance, de deux marches commentées à travers Cheratte. La préparation d'une autre marche commentée en novembre 2006 avec le "Groupe-Découvertes" de Liège

Actuellement l'ACPR est directement impliquée dans un partenariat avec Présence et Action Culturelles pour l'organisation d'une séries d'activités le WE des 23 et 24 septembre 2006 dans le cadre du 60ème anniversaire de l'immigration Italienne en Belgique.

Dans ce projet l'ACPR locale est représentée par Myriam PIRON et Jacques CHEVALIER.

Ces activités de septembre préfigurent le "PROJET 2007" auquel l'ACPR est très attaché et qui sera un ensemble d'activités multi-culturelles fin octobre à mi-novembre 2007, à Cheratte, en partenariat avec Présence et Action Culturelles mais aussi la Société Royale Archéo-Historique de Visé et sans doute d'autres associations locales et régionales, un projet d'ensemble où tous les animateurs de l'ACPR seront mobilisés.

Comme vous venez de le lire, l'ACPR ne prétend pas vouloir organiser toute seule des activités, elle entend d'abord favoriser les partenariats les plus larges possibles soit en leur donnant une ligne directrice soit en participant à la ligne définie par telle ou telle association ou institution "porteuse" du projet initial.

Début 2004, l'ACPR aurait aimé développer un partenariat avec une association très connue à Cheratte-bas pour les Journées du Patrimoine, mais son Président n'acceptait pas d'être simplement membre du partenariat, il exigeait la conduite du projet par son association prônant même l'exclusion de "Présence et Action Culturelles" qualifiée par lui de "politique".

Il est anormal - par ailleurs - que le "Conseil Culturel" de Visé ne reconnaisse que cette seule association à Cheratte alors que d'autres qui ont une vocation bien plus culturelle ne disposent pas de cette reconnaissance ni de représentativité en son sein.

15:37 Écrit par Jacques Chevalier | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

20/08/2006

Cheratte se plie en 4 pour faire le grand 8 !

Autant annoncer la couleur tout de suite, le titre de cette rubrique même si le n° de liste du PS est le 4 ou le 8, on ne le sait pas encore, donc ces chiffres sont seulement là pour décrire une promenade pédestre rejoignant quatre quartiers de Cheratte dans une boucle formant un 8 d'environ 8 kms.

Une promenade guidée et commentée par Jacques Chevalier, animateur ACPR, où toutes les personnes intéressées seront conviées le samedi 23 et le dimanche 24 septembre, à 13 h 30, au départ du Cheratti, rue Aux Communes, 37. Suivant le temps qu'il fera il faudra se munir de bonnes chaussures de marche ou de bottes.

00:41 Écrit par Jacques Chevalier dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |