02/10/2006

Communiqué de presse

ASSOCIATION CULTURELLE PAUL RENOTTE

Locale de Visé – Cheratte

Contact : Jacques CHEVALIER & Myriam PIRON

Rue de Visé, 198 4602 CHERATTE

Gsm : 0476/47.93.88

Mail : chevaljak@mail.be

Site : http://groups.msn.com/Cheratte

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

Stopper le dépeçage du patrimoine historique, architectural et paysager de Cheratte-bas devient une urgence.

 

Depuis quelques semaines le propriétaire du château Saroléa (construit en 1643) et du charbonnage du Hasard à Cheratte procède à l’abattage de nombreux arbres centenaires classés au Patrimoine Wallon grâce à ce qui serait un permis d’élagage de certains arbres longeant la rue Césaro lui attribué par la Ville de Visé sans en avoir référé aux autorités du Patrimoine Wallon.

 

Il est manifeste qu’aucun souci écologique n’anime ce propriétaire déjà très peu respectueux des biens classés qu’il possède et dont il entend tirer un maximum de profits le plus vite possible, au risque de dénaturer complètement les sites qu’il possède et qui constituent le patrimoine de l’ensemble des habitants de Cheratte et plus largement.

 

La section locale de l’ACPR appelle tous les candidats aux élections communales, toutes leur formations, à se mobiliser pour sauver le patrimoine historique, architectural et paysager de Cheratte-bas. Ne rien faire aujourd’hui signifie que demain il sera trop tard.

 

Il importe au plus vite de faire stopper l’abattage des arbres tel qu’il est prévu et de s’assurer que pour les autres arbres prévus pour l’élagage le soient bien comme tel. Il nous semble que l’abattage systématique des arbres du milieu de ce vaste jardin oblong n’annonce pas qu’un simple élagage des arbres bordant le mur d’enceinte du jardin mais bien, in fine, leur abattage vers le centre, tout profit à nouveau pour le propriétaire, Monsieur Armand LOWIE, ferrailleur de son état habitant à Mecchelen aan de Maas.

 

L’ACPR voudrait aussi pouvoir connaître le texte établi par la ville de Visé autorisant le propriétaire pour les travaux qu’il effectue dans son jardin, site classé par le Patrimoine Wallon.

 

L’ACPR souhaite aussi des autorités communales qu’elles donnent à la population toute les informations qu’elle détiennent relativement à l’avenir des terrains et bâtis du charbonnage, du château Saroléa et des terrains annexes tels que la « paire au bois »

 

Pour l’ACPR,

 

Jacques CHEVALIER et Myriam PIRON,

Animateurs de la locale Visé-Cheratte

 

1 octobre 2006.

11:30 Écrit par Jacques Chevalier dans Documentation | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

22/09/2006

 En exclusivité, le texte du discours que prononcera Myriam PIRON ce soir au vernissage de l'expo sur les 60 ans d'immigration italienne, à Cheratte-hauteurs

60 ans d’immigration Italienne…

Cheratte, c’est un peu le nombril du Monde.

 

Aussi bien en surface, par la diversité des mélanges de cultures que l’on y trouve, la beauté de sa géographie entre collines et voies maritimes, et la richesse historique de son passé houiller et industrieux, que dans son ventre, avec ses galeries de mine actuellement noyées  et peut-être d’autres trésors qu’il renferme encore (ne prenons que les gigantesques travaux de démergements toujours en cours).

Cheratte, j’en suis tombée amoureuse en visitant pour la première fois les ruines du charbonnage du « Hasard » une froide après-midi d’hiver, et j’ai de suite adhéré à la philosophie culturelle de mon compagnon, Jacques Chevalier, bien connu pour son implication au sein de ce quartier, via notamment l’Association Culturelle Paul Renotte dont notre Camarade Marcel Levaux est le président. 

PAC et ACPR de Cheratte s’associent pour un hommage à la communauté d’origine Italienne les 23 et 24 septembre 2006

Le 23 juin 1946, les premiers accords entre la Belgique et l’Italie sont négociés par le biais d’une Convention préparant le transfert de cinquante mille travailleurs Italiens en 2 années, vers les charbonnages Belges. En 1952, seulement, 48000 hommes auront répondu aux critères de l’accord charbonnier, et auront fait la connaissance de nos mines.

Comment en sommes-nous arrivé là ?

Après la seconde guerre mondiale  et la fermeture des frontières avec les pays de l’Est l’immigration Italienne devient dominante :

De 1946 à 1956

L’Italie s’attache à résoudre les problèmes dus  à l’effondrement de son économie ainsi qu’au désarroi et la révolte de sa jeunesse face au chômage.

Les patrons charbonniers de Belgique quand à eux doivent faire face au départ des prisonniers allemands travaillant dans les mines jusqu’à leur libération en 1947, et donc à une pénurie de main d’œuvre pour les besoins énergétiques du pays,

l’Italie quand à elle à grand besoin de combustible également pour se reconstruire.

La « FEDECHAR » est chargée de l’organisation pratique de l’embauche (1Homme contre 1200kgs de charbon/semaine pendant+- 1 an).

A partir  de Milan s’organise une véritable campagne publicitaire dans tout le pays (affiches, documentaires expliquant la bonne vie à la mine pour ceux qui auront le privilège d’être choisis : qualités requises : Jeunes hommes célibataires de moins de 35 ans en excellente santé : corps sain et vigoureux, courage, force et sang froid ).

Des médecins belges sélectionnent avec prudence les candidats au départ étant donné la dureté du travail.

Moins d’hommes que l’on espérait se présentent, ils vont alors diminuer leurs prétentions et élargir les critères de choix, c’est ainsi que des hommes plus vieux, avec charge de famille vont quitter leurs régions pauvres du sud de l’Italie pour s’installer ici.

Le voyage entre Milan et Bruxelles dure près de deux jours ; de longs convois arrachent à leur famille des milliers d'hommes, le cœur battant d'espoir vers une vie meilleure. Beaucoup d'entre eux ne reverront jamais leur terre natale.


A Bruxelles, la dispersion vers les différents charbonnages est organisée. Des interprètes et délégués des mines règlent les formalités et le précieux chargement d’Humains est dirigé vers les « cantines » qui les attendent, ce sont des anciens  bâtiments de charbonnages fermés depuis 1930 ou ayant servis de « baraquements » aux prisonniers Russes et Allemands, les conditions de vie y sont indignes et bien loin des promesses faites par la FEDECHAR.

Les années passent et la santé des mineurs s'affaiblit. Outre les maladies, il y a les différents accidents.

Entre 1946 et 1955, plus de 500 ouvriers italiens  périssent dans les différents charbonnages de Belgique. Et puis, vient le 8 août 1956,l'effroyable tragédie du Bois-du-Cazier, à Marcinelle ; 262 morts, dont 136 Italiens (il faut noter qu’il ’y a  eu peu d’accidents catastrophiques à Cheratte parce qu’il y a peu de « grisou » étant donné la qualité exceptionnelle du minerais (moins gazeux et donc de meilleure combustion), les accidents seront dus à l’eau et le plus souvent en surface..


Les conséquences de ce drame sont rapides : renforcement de la sécurité dans les mines et blocage de l'immigration italienne vers la Belgique.        

A la fin des années cinquante, beaucoup d'Italiens épuisés par le travail rentrent au pays avec une santé médiocre et sans pension.

Ils n’ont pas assez d'années de service dans les mines de Belgique

La  « silicose » ne fait pas partie des maladies professionnelles indemnisables.


Pour aider ses rapatriés, le gouvernement Italien, poussé par les partis politiques de gauche, approuve une loi en 1962, celle-ci prend en charge l'indemnisation de la maladie de la silicose, en attendant que le gouvernement Belge le fasse.

La reconnaissance de cette indemnisation entrera en vigueur dés le premier janvier 1964.


La silicose est reconnue comme maladie professionnelle : c’est rendre justice aux victimes de ce mal qui détruit tant d êtres humains depuis des dizaines d'années.

On s'est bien gardé de dire en Italie, au moment du recrutement des travailleurs, les différentes maladies que la mine peut occasionner, ainsi que les conditions de travail qu’ils allaient rencontrer.

Ceux qui resteront en Belgique et qui seront, mis à la pension prématurément suite à cette maladie devront subir des moqueries, rapidement généralisées à tous les Italiens sur la « moutouelle» voulant ainsi signifier qu’ils ne sont venus que pour émarger le plus vite possible à notre Sécurité Sociale!

Et tout cela en ne respectant pas les principes d’hygiène en vigueur chez nous. Je me souviens, petite fille, avoir entendu dire qu’ils étaient malades parce qu’ils mangeaient des tomates et de l’huile d’olive !!!et qu’ils ne vivaient pas comme nous !!!

La vie s’organise

Dans les années 1950, la recherche de logements plus décents et appropriés, principalement quand la « famille » arrive et s’agrandit,, relève presque de « mission impossible » et on voit fleurir sur bon nombre d’habitations privées des pancartes « ni animaux ni étrangers ».

Il y a bien les « Cités ouvrières » dont nous en avons un des plus beaux fleurons ici, avec une des premières cité d’habitations sociales construite en Wallonie (avec Tilleur) au début des années 1920, et destinée au départ à abriter une majorité de familles d’origine Polonaise, représentant la première forme d’immigration massive vers nos charbonnages, mais vu l’ampleur de l’immigration et des regroupements familiaux,, nous manquions de logements décents .

L’intégration n’est vraiment pas facile au début, malgré nombre de mariages mixtes entre ces jeunes hommes fougueux et nos jeunes filles locales, et ce, dès 1950.

La Belgique compte d’ailleurs, dès 1964 sur l’apport de nouvelles familles immigrées en plus de celles déjà installées (d’abord marocaines, ensuite Turques) pour redresser la courbe de natalité du pays.

Quelques politiciens « éclairés » (Marcel Levaux à Cheratte et André Cools à Flémalle) obtiennent, dès 1968, la création du Conseil Consultatif des immigrés, faute d’obtenir déjà un droit de vote pour les personnes résidant régulièrement en Belgique.

En 1972, le droit de vote est accordé aux étrangers pour les élections sociales (représentants syndicaux).

En 1974, la Belgique décide de stopper l’immigration étrangère tout en accompagnant cela d’une campagne de régularisation d’un faible pourcentage de celles-ci.  

Dans les années quatre-vingt, les autorités Belges prennent conscience de l’installation définitive des immigrés en Belgique, et mettent enfin en place une politique d’ « intégration ». par le biais entre autre de la «  Loi GOL » de 1984 octroyant la nationalité Belge aux immigrés de la 2eme génération en cas de mariage mixte et automatiquement à ceux de la 3eme génération.

 Celle-ci se confirme dans le temps puisque de plus en plus de jeunes générations sont essentiellement Belges.

Le 7 février 1992, le traité de Maastricht indique que les Européens peuvent voter aux élections locales et européennes.

Le 27 janvier 1999, droit de vote aux élections communales pour les européens, étendu le 19 mars 2004 aux non-européens inscrits depuis 5 ans en Belgique.

Le 8 octobre 2006, ce sera la première participation de ceux-ci aux « Communales »

Le combat continue pour les « Législatives » les « Régionales » et le droit d’éligibilité.

 

La première immigration Italienne dont on parle peu

De 1920 à 1940

La première guerre mondiale cause beaucoup de dégâts en Europe, notamment en Belgique et  en Italie.

La Belgique se remet bien vite à la tâche, la plupart des usines et des charbonnages retrouvent leur rythme et leur productivité.

L'Italie, au contraire, se remet confusément de sa guerre. Le régime politique subit des assauts imprévus  : la pauvreté s'étend, Mussolini se prépare.

En 1922, soutenu par 30 députés fascistes, il obtient la maîtrise des principaux ministères. Deux ans plus tard, fort d'une majorité de +- 80%( 405 élus sur 535), il écarte l'opposition et instaure la dictature.

Dés lors, par milliers, des Italiens vont fuir leur patrie. Certains aboutissent en Belgique car l'industrie lourde a besoin de nouveaux travailleurs, ils seront rapidement assimilés.

Ils arrivent petit à petit à partir de 1922.
En 1925,  le nombre d'Italiens travaillant dans les charbonnages peut s'évaluer à quatre ou cinq mille, soit plus de 3% du total du personnel.

Et cette proportion ne fera que s'accroître, d'autant plus que la communauté italienne de Belgique se développe sans cesse : ils sont 20 000 en 1930 ; ils seront près de 35 000 en 1940.

A l'arrivée de Mussolini au pouvoir, en Belgique comme ailleurs, l'ambassade et les consulats deviennent les symboles du fascisme italien, et tentent de rallier les émigrés à ce régime.

Il faut savoir que la plupart des immigrés italiens de l'époque sont antifascistes, et Mussolini va tout faire pour endoctriner ces fuyards.
A Charleroi, des écoles et des bibliothèques Italiennes sont organisées sous contrôle fasciste, et, les livres y sont triés.

(Pour information, l’Université du Travail créé par le Mouvement Ouvrier Chrétien va  trouver son essor dans les années 1960 afin de favoriser, l’intégration de ce qu’on appelle alors, les immigrés de la deuxième génération de par l’organisation de cours de haut niveau : graduats et universitaires).

Des informateurs produisent pour l'ambassade Italienne un rapport hebdomadaire, pour chaque antifasciste  vu en Belgique.

 Sur base de ces dossiers, la police italienne demande et obtient , l'arrestation des " agitateurs " par la police belge. Ainsi la population italienne de Belgique, loin d'être à l'abri chez nous, fait en plus l'objet de diverses pressions de la part de son consulat.

A ce moment, en Belgique, pour obtenir un passeport, un document officiel, il faut s'inscrire à une organisation fasciste, du moins faire allégeance au Duce ou répondre à de longs questionnaires pour détecter les activités antifascistes. Autrement, les documents pourtant indispensables (extraits de naissance) se font indéfiniment attendre.

Cela serait un comble que l’histoire se répète puisque bon nombre d’ « anciens » Italiens déplorent  être toujours en possession d’une carte de séjour renouvelable tous les 5 ans, malgré plus de cinquante ans de résidence ininterrompue en Belgique.

Ils doivent même toujours avoir un passeport pour se rendre en Italie, à notre époque de libre circulation dans la Communauté Européenne et d’un retour de l’extrême droite en Italie, voire en Europe.

 

Conclusion

Actuellement on entend souvent dire que « l'intégration des Italiens est réussie ».

Je n’aime pas beaucoup ce terme …Intégration ?? Notre planète nous appartient, à tous, il y a toujours eu et il y aura toujours des brassages de populations, des départs, des retours, des installations, là où la vie s’organise.

Pourquoi penser qu'un peuple peut être meilleur qu'un autre ?

Peu importe la couleur de sa peau, peu importe le dieu qu'il prie, un Etre Humain reste une personne qui a le droit d'avoir des droits.

On entend souvent dire que la Belgique est envahie d'étrangers mais est ce vraiment le cas?

Si l'on se réfère à des chiffres officiels (source : INS,) on constate qu’en 2000, en Belgique, il y avait +- 90% de Belges, +- 6% d'étrangers d’origine européenne et +- 4% d'étrangers hors Union européenne

Certains aussi s'interrogent sur les causes qui poussent les gens à partir de chez eux ?

Souvent derrière une immigration se cache un accord entre deux Etats, sans tenir toujours compte des désirs de leurs ressortissants

Départs forcés ou choix de vie, installations obligées ou espérées, et quoi qu’il en soit, quelles que soient les raisons pour lesquelles nous « émigrons » la terre nous appartient.

Les frontières, les régimes politiques, les dictatures, les oppressions sont le résultat de la guerre du Pouvoir, de la Loi du plus fort…

Nous, les « petits », les faiseurs de peuples, les forçats de la faim, apprenons à nous respecter, arrêtons de jouer dans la cour de nos oppresseurs, restons unis…Forçons les barrières, créons la solidarité…Et ne parlons plus d’intégration

Parlons d’abord d’accueil, d’échange, de vie commune, de partage de valeurs…parlons-nous, écoutons-nous, il y a tant à gagner…

Au niveau de la Communauté de Belgique d’origine Italienne, il faut savoir qu’en nombre, elle est plus importante que la communauté germanophone, est-ce que l’on parle d’intégration quand on parle des gens d’Eupen ??

Lorsque l'on parle d'immigration italienne et d’ « intégration réussie », on prend souvent comme exemple Elio di Rupo, Paola ou Adamo, mais il ne faut pas croire que les 300 000 italiens en Belgique ont tous atteint la réussite et la reconnaissance de ces personnes connues (Re-connues), un peu comme si les idées racistes étaient « excusées » parce que certains « représentants de nationalités » étaient reconnus ? Resteront-ils toujours, et après plusieurs générations étrangers en Belgique et idem dans leurs contrées d’origine ??

Ce qu'il ne faut pas oublier, c'est que les Italiens comme d'autres nationalités ne sont pas venus " voler " le travail aux Belges. Ils ont au contraire contribué à faire de la Belgique le pays qu'il est maintenant. Je pense donc que les partis d'extrême droite se voilent la face et devraient revoir leur Histoire car sans les « étrangers », l'économie belge actuelle ne serait pas ce qu'elle est.

Je termine en rappelant qu’à l’heure actuelle, dans notre beau pays, terre d’asile, il y a des Hommes, des Femmes et des Enfants, qui, sans papiers, se trouvent dans des situation de grand désarroi, ils souffrent de ne pas être reconnus, de n’avoir aucune existence légale, et d’être ainsi des proies faciles pour les marchands d’esclaves et d’illégalités en tout genre.

Des êtres humains qui ne savent pas ce que demain sera fait et qui sont sacrifiés au nom du libéralisme international et du profit maximum à n’importe quel prix…

Pour en revenir aux personnes d’origine Italienne, puisque c’est elles qui sont à l’honneur aujourd’hui, je tiens à ajouter que depuis l’ouverture des frontières (espace Shengen), bon nombre d’entre elles arrivent toujours en Belgique en espérant trouver une situation économique meilleure, et se trouvent rapidement dans la situation de « sans-papiers » ne pouvant prouver dans les 5 mois de leur arrivée d’un travail déclaré leur offrant la « carte de séjour ».

Et non, les « sans-papiers »ne sont pas toujours des étrangers de lointaines contrées, notre voisin ou nous-même pouvons vite sombrer, ne l’oublions jamais…

Et enfin, je voudrais vous rappeler que ce 22 septembre, nous célébrons le triste huitième anniversaire de la mort de Sémira Adamu, candidate réfugiée Nigériane, qui n’a pas survécu aux sévices de ses bourreaux lors de l’expulsion par avion pour laquelle elle était condamnée.

Je demande un moment de silence en son honneur et pour toutes les personnes qui vivent actuellement dans la même souffrance 

 

 

 

                                                                                      Pour l’ACPR,

                          

                                                                                   Myriam Piron

 

Bibliographie

Livre
François CAVANNA, les ritals, Beffond, 1978
Articles
Hilde MEESTERS, Crime raciste à Schaerbeek, dans " Solidaire", n°19, 2002, pp 16-17.
François ROBERT, C'est la haine qui a frappé, dans " Le Soir", n°109, 2002, p.4
Sites
C. GOLIN, Et Si on racontait.... une histoire de l'immigration en Belgique, Février 2002, (05/03/02). http://www.iournalessentiel.be/agenda/lectr_emigr.html
(sans auteur), Les étrangers, les Belges et la Belgique, (07/05/02).
httD://www.cidj.be/dossiers/racisme/population.htmi
S. ABDESLAM, Histoire de l'immigration marocaine en Belgique, (0705/02)
http://users.pandoro .be/ibn_batouta/Belgica/historique.html

Livres
- " Siamo tutti neri ! ", Des hommes contre du charbon, Etudes et témoignages sur l'immigration italienne en Wallonie
Institut d'histoire ouvrière, économique et sociale, Seraing ,1998
- Per un sacco di carbone, Associations Chrétiennes des Travailleurs Internationaux, 1996
Articles
Anne Morelli, dossier "Immigration & citoyenneté " dans la Revue L'Observatoire n°6/1995

13:47 Écrit par Jacques Chevalier dans Documentation | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

02/09/2006

Marcel Levaux (4)

UN PASSAGE QUI PARAIT OBLIGE :

LE DROIT DE VOTE ET D'ELIGIBILITE A LA COMMUNE POUR LES ETRANGERS QUI SONT REGULIEREMENT CHEZ NOUS DEPUIS CINQ ANS.

Dans un grand nombre de communes, la population immigrée est devenue une partie significative de la population. Privée du droit de vote, elle paye pourtant des impôts comme tous les citoyens. Elle est également comptabilisée pour la fixation du nombre de conseillers communaux et d'échevins ainsi que pour l'établissement de nombreux critères de fonctionnement, y compris financiers.

Le besoin de la participation effective des immigrés à la vie communale se fait d'autant plus sentir que, fondant une famille ou rejoint par la cellule familiale d'origine, ils s'établissent pour la plupart définitivement chez nous. C'est de la conscience de cette évolution que naissent dans le milieu des années 60, des conseils consultatifs des immigrés. Les deux premiers apparaissent, l'un à Cheratte dont le bourgmestre socialiste Urbain Kowalski est un travailleur de la mine locale, l'autre à Flémalle-haute où le bourgmestre est André Cools. Ils seront bientôt suivis d'une trentaine d'autres.

On percevra très vite que ces conseils consultatifs débouchent sur une impasse car ils ne disposent d'aucune participation effective au pouvoir réel et les communes n'ont pas la possibilité de leur en attribuer légalement.

De nombreux débats se développeront à l'initiative des syndicats, dans les organisations sociales et politiques. Il s'en dégagera la nécessité du droit de vote communal pour les immigrés afin de réaliser au niveau local ce que les syndicats ont conquis au niveau social : la prise en compte solidaire et la participation effective des immigrés à tous les problèmes de la communauté locale. 

16:26 Écrit par Jacques Chevalier dans Documentation | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

29/08/2006

Marcel Levaux (3)

LE SUFFRAGE UNIVERSEL EN BELGIQUE

En 1830, le Congrès national chargé de rédiger la Constitution de la Belgique comprend 200 membres. Ceux-ci ont été choisis par 40.000 électeurs. Alors que la population du pays s'élevait à l'époque à 4.000.000 d'habitants !

Il instaure le vote censitaire : seuls les riches voteront.

Ce régime électoral s'est maintenu jusqu'en 1893 : 62 ans !

Il a été remplacé par le vote plural. Pour la première fois en 1894, tous les belges de sexe masculin et de plus de 25 ans ont pu voter. Les femmes étaient exclues du corps électoral. Il faut ajouter que ce système "plural" adopté à l'époque accordait une voix supplémentaire aux titulaires de diplômes et une autre aux pères de famille de plus de 35 ans jouïssant d'une certaine aisance. Il y avait donc des citoyens à une, deux ou trois voix. L'inégalité politique reflétait l'inégalité sociale.

Ce régime a duré jusqu'en 1919, 26 ans !

Le suffrage universel pur et simple pour les hommes de plus de 21 ans a été acquis en 1921. C'est une avancée décisive, mais incomplète, les femmes, soit plus de la moitié de la population, sont toujours exclues de ce droit au niveau national. La loi du 15 avril 1920 les autorisait seulement à voter aux élections communales.

Ce régime a encore duré 29 ans, les femmes ayant obtenu le droit de vote en 1948 pour les élections législatives.

Les citoyens d'origine étrangère qui représentent 10 % de la population, essentiellement des travailleurs, n'ont toujours aucun droit de vote. Sauf ceux qui ont réussi le parcours kafkaïen du combattant que fut et reste l'acquisition de la qualité de "belge" soumise presque sans recours à l'appréciation discrétionnaire de la police des étrangers.

23:58 Écrit par Jacques Chevalier dans Documentation | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

27/08/2006

Marcel Levaux (2)

DE L'IMMIGRATION A LA SOLIDARITE ET L'EGALITE POLITIQUE

 

C'est depuis fort longtemps qu'il y a des travailleurs d'origine étrangère en Belgique.

Ainsi en 1921, un livre sur la Basse-Meuse relate que "... dès 1860, Sarolay est devenue une localité cosmopolite où Allemands, Albanais, Algériens et Français se coudoient chaque jour à table, à l'atelier, partageant les mêmes plaisirs et les mêmes distractions."

Dans la première moitié de ce siècle, l'apport des travailleurs étrangers, notamment polonais, particulièrement dans les mines, devient important. Au point qu'en 1936, le gouvernement instaure le permis de travail obligatoire pour les étrangers. Ceux-ci représentent environ quatre pour cent de la population, mais dépassent les 20 % parmi les mineurs de fond.

Après la guerre 40/45 et le départ des prisonniers de guerre allemands occupés dans les mines, le gouvernement Van Acker se tourne vers l'Italie pour gagner "la bataille du charbon". En symbiose avec le patronat minier, il passe un accord avec le gouvernement italien pour recruter des dizaines de milliers de travailleurs pour les charbonnages. Ils leur promettent monts et merveilles, mais commencent par les loger dans les bidon-villes en tôle des prisonniers de guerre....

Après l'horrible catastrophe du Bois du Cazier à Marcinelle, le gouvernement et les industriels se tournent vers les Espagnols, les Grecs, les Algériens, les Turcs, les Marocains...

L'appel à cette main d'oeuvre à bon marché du pourtour de la Méditerranée fluctue au gré de la conjoncture économique et gagne tous les secteurs : sidérurgie, textile, travaux publics, transports, constructions métalliques, etc....

Comme le rappelle Philippe Destate dan son livre "L'identité wallonne", le Conseil économique de Wallonie publie en 1962 le "Rapport Sauvy" et ses fameuses remarques démographiques sur le destin wallon. Il recommande une véritable politique d'intégration des étrangers, s'appuyant sur le regroupement familial, le droit à disposer d'une habitation décente et un renversement total de perspective à l'égard de l'immigration : "Il faut, en effet, sortir l'économie wallonne du cercle vicieux où elle tourne actuellement : on ne crée guère d'emplois parce qu'il n'y a pas de réserves suffisantes de main-d'oeuvre, et l'on renonce à faire venir de la main-d'oeuvre parce qu'il n'existe guère d'emplois vacants".

Le moins que l'on puisse dire, c'est que le gouvernement et le monde financier n'ont pas prêté une grande attention à ces requêtes. Pour le monde patronal, dans les années 50/60, l'immigration est surtout un moyen de faire pression sur les salaires pour que ceux-ci augmentent le moins possible avec le plein emploi.

Dès 1974, le gouvernement décide de stopper légalement l'immigration. Aujourd'hui, la présence des travailleurs étrangers avec leur famille est stabilisée autour de 10 % de la population du pays.

LE ROLE DECISIF DES SYNDICATS POUR LA COHESION SOCIALE

Les syndicats ne sont pas restés passifs devant cette évolution. Les travailleurs immigrés ont été accueillis dans leurs rangs sur pied d'égalité.

Même si la loi du 20 septembre 1948, en son article 16, ne permettait pas qu'ils soient élus dans les Conseils d'Entreprise tout en étant admis à voter, beaucoup d'entre eux ont été élus délégués syndicaux par l'ensemble de leurs compagnons de travail belges et immigrés.

Depuis 1956, la loi reconnait aux immigrés le droit d'être élus aux Conseils d'Entreprise ainsi qu'aux Comités de Sécurité et d'Hygiène. En 1975, la mention de la nationalité disparait de la procédure électorale sociale. Ainsi tous les travailleurs, sans distinction d'origine entre eux, peuvent assumer toutes les responsabilités sociales.

Pourquoi donc ce qui ne pose aucun problème et qui se passe normalement sur le plan social n'est-il pas accepté sur le plan politique ?

Sans doute parce que les détenteurs de la puissance financière et les notables publics de tout bord redoutent comme la peste l'acquisition par l'ensemble de la population de la citoyenneté responsable. Aujourd'hui, celle-ci est revendiquée avec force bien au-delà du droit de vote passif.

C'est la longue histoire du suffrage universel dont nous espérons l'aboutissement proche. (à suivre)

23:03 Écrit par Jacques Chevalier dans Documentation | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Il était une fois... Marcel Levaux (1)

Nous débutons ici le "feuilleton" consacré à l'argumentaire datant de 1997 écrit par notre ami et camarade Marcel Levaux, Député honoraire, dernier Bourgmestre de Cheratte, Président de notre locale ACPR.

 

Il était une fois...

 

Le 14 octobre 1996, lors de la manifestation contre le désaissement du juge Connerotte de Neufchâteau, la soeur de la petite Loubna, Nabela Benaissa prend spontanément la parole sur le parvis du Palais de Justice de Bruxelles. Elle appelle les manifestants au calme pour exprimer dignement leur volonté de justice. Quelques jours plus tard, c'était l'inoubliable Marche blanche....

Des journalistes ont exprimé le sentiment que :

"... ces quelques secondes ont fait plus pour l'intégration des immigrés que des années de débats et de luttes."

Le premier ministre Jean-Luc Dehaene convenait lui-même que le problème "avait été négligé". C'est tristement vrai.

On ne peut lire "Au nom de ma soeur" de Nabela Benaissa sans être profondément ému, bouleversé. Mais aussi sans prendre conscience de l'odieuse stupidité de l'ostracisme politique qui refuse aux immigrés le droit d'être des citoyens de notre pays à part entière.

Ecoutons Nabela se réjouir d'avoir été élue Bruxelloise de l'année :

"J'adore ce prix n'en déplaise à l'extrême droite. Dommage que ce ne soit pas Ixelloise de l'année, car je n'ai jamais quitté la rue Gray ! C'est aussi un prix qui traduit ce que je suis. Ne me parlez pas d'intégration, je suis née ici, j'y ai toujours vécu, je ne vois pas à quoi je devrais m'intégrer..."   "...quand je me balade dans les rues de Bruxelles, je me dis "tout cela c'est ma ville, c'est un peu moi...".

Et pourtant, les vieux démons des objections racistes, xénophobes, insultantes à force d'être stupides refont surface. Et même plus profondément encore, les objections qui sont de toujours à l'accession pleine et entière aux droits politiques des couches sociales modestes et défavorisées.

Il est nécessaire que chacun en prenne conscience à la veille d'entrer dans le troisième millénaire, afin de bannir définitivement l'inégalité politique dans les relations humaines.

 

 

15:13 Écrit par Jacques Chevalier dans Documentation | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Un homme juste

Marcel LEVAUX fut de longues années un député très actif du Parti Communiste. Il est l'auteur d'une proposition de Loi statuant sur le Droit de vote et d'éligibilité sans distinction de nationalité.

L'ACPR Visé-Cheratte, sa locale, vous présentera en une espèce de feuilleton quotidien l'argumentaire écrit par lui en 1997, constituant le cahier n° 16 du Centre d'études et de documention communiste édité par l'asbl Fondation J. Jacquemotte - octobre 1997.

Avant de commencer ce "feuilleton" nous vous présentons les derniers mots de ce texte écrit par Marcel le 19 octobre 1997 :

 

"faire des droits politiques, un droit et un devoir citoyens quelle que soit l'origine nationale, ethnique, sociale, culturelle de chaque femme, de chaque homme de chez nous, voilà qui serait formidable pour l'entrée dans un XXIème siècle plus humain et plus fraternel."

13:59 Écrit par Jacques Chevalier dans Documentation | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |