27/01/2007

Lu dans "LE SOIR"

Série (3/6) Fusion des communes, 30 ans après

Une « banane » visétoise bien mal fagotée

MOREL,PIERRE

La commune de Visé est bien mal fagotée : c'est une improbable banane de 22 km de long et jamais plus de 3 de large, qui part de Liège pour aller jusqu'à la frontière hollandaise. »

Pour le bourgmestre de Visé, Marcel Neven (MR), la « banane » a été dure à avaler en 1977. C'est qu'une fois épluchée, elle semble en effet assez indigeste. «  On nous a mis avec Cheratte alors que tout opposait ces deux anciennes communes, reprend le bourgmestre, présent au conseil sans interruption depuis lors. Visé aurait en fait souhaité s'associer avec Haccourt, mais des membres influents du PSC y ont oeuvré pour plutôt rejoindre Oupeye. Dalhem aurait également été un partenaire plus logique que Cheratte. Mais je pense qu'il y avait une volonté politique de faire de Visé une commune socialiste.

C'est qu'entre la très bourgeoise Visé et la très ouvrière Cheratte, le mariage semblait en effet improbable. Et qu'au lieu des riches cimenteries de Haccourt, Visé héritait à la fusion d'un charbonnage qui allait fermer ses portes en... octobre 1977, dix mois plus tard. « Et nous avons vu ensuite le musée de la mine filer à Blegny plutôt qu'à Cheratte », soupire Marcel Neven.

S'il partage le constat de base de l'étrangeté de cette union, Gustave Hofman, conseiller communal (PS) à Cheratte avant fusion, en fait une analyse politique exactement inverse : « Le parti communiste était au pouvoir à Cheratte, le bourgmestre Marcel Levaux était d'ailleurs communiste. Vous pensez bien que ça ne plaisait pas à grand monde. Et pour amoindrir le rouge cherattois, on nous a associés à Visé. C'était une très mauvaise idée. Lors de la consultation populaire à l'époque, trois scénarios avaient été proposés. Il a été question de Wandre, Argenteau, Hermalle, Housse, Vivegnis... Mais aucun ne prévoyait Visé ! Cheratte tournait littéralement le dos à Visé : les Cherattois allaient à l'école à Herstal et faisaient leurs courses à Liège. »

Une réalité qui semble quand même doucement évoluer : « Il est vrai que désormais, les Cherattois vont beaucoup plus à Visé. Mais cela veut aussi dire que c'est avant tout à Visé et à son commerce que la fusion a profité. Cheratte, elle, attend toujours sa revitalisation. »

« Cheratte a été mieux traitée avec nous qu'elle ne l'aurait été par Liège », tempère Marcel Neven. Reste que Visé et Cheratte font depuis 30 ans contre mauvaise fortune bon coeur.

21:59 Écrit par Jacques Chevalier dans Documentation | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

13/12/2006

Un article à lire dans la Libre Belgique

http://www.lalibre.be/article.phtml?id=10&subid=87&am...

 

Serge Umé est le mari de notre amie Véronique, c'est avec son entreprise que nous comptons développer quelques sujets dans le cadre de notre projet 2007 et notre travail sur la Mémoire : "Cheratte Village du Monde".

10:42 Écrit par Jacques Chevalier dans Documentation | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

02/12/2006

Utile

Visé

Cheratte

02/06/82

Charbonnage du Hasard : phalanstère (façades et toitures), tour n°1, salle des machines, puits d'air dit "la Belle Fleur" (M); charbonnage, colline boisée, cité-jardin et alentours (S)

Visé

Cheratte

20/10/78

Château de Saroléa (M) et alentours (S)

Toujours utile de garder ces éléments en mémoire, cela provient de la division du Patrimoine du gouvernement Wallon, on y voit là ce qui est classé et les date de ces classements.

14:48 Écrit par Jacques Chevalier dans Documentation | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

30/11/2006

Un article à conserver...

C'était dans la DH du 29 novembre 2006 :

L'ancien charbonnage de Cheratte est confirmé dans une liste de sites prioritaires

VISÉ Le 10 novembre dernier, le gouvernement wallon a mis à jour sa liste de Sites prioritaires de Réhabilitation Paysagère et Environnementale (SRPE). Forte de plus de 100 sites au départ, cette liste est désormais réduite à 77 anciens sites industriels dont la Région, via des opérateurs locaux, assurera la réhabilitation.

Parmi ceux-ci, le site de l'ancien charbonnage du Hasard à Cheratte. Dans les prochains mois, il devrait, comme les autres sites, faire l'objet d'un arrêté de subsidiation pour un montant qui n'est pas encore précisément fixé, mais a été estimé à quelque 3,7 millions d'€.

Un projet global à Cheratte

Une somme qui doit permettre à la Sorasi et la Spi + de racheter le site, procéder à certaines démolitions, et réhabiliter les autres bâtiments, actuellement en très mauvais état et sous eau. Le bâtiment principal est classé, tandis que la lampisterie et, peut-être, la grande tour, devraient être conservées. Il n'y a pas d'échéancier précis à l'heure actuelle : le Hasard ne fait pas partie de la première vague, budgétée en 2006. Mais la révision de la liste prouve la volonté de la Région de ne pas traîner dans ces dossiers.

Le site de l'ancien charbonnage, fermé en 1977, est stratégique en ce qu'il se trouve au coeur d'un projet beaucoup plus vaste de rénovation complète de Cheratte-bas. La société immobilière hollandaise Servatius, très active dans la région liégeoise, a ainsi il y a quelques mois remis au collège échevinal visétois une étude de faisabilité en ce sens.

Mais avant d'envisager de lourds investissements à Cheratte, peut-être via un partenariat public privé, Servatius demandait que les pouvoirs publics s'impliquent dans la réhabilitation du site du charbonnage, difficile à transformer en logements et moins directement rentable puisque classé. Servatius proposait qu'une fonction publique y soit envisagée.

Les nouvelles en provenance du gouvernement wallon pourraient donc faire avancer ce dossier.

Pierre Morel

L'ancien charbonnage du Hasard à Cheratte devrait un jour trouver enfin une deuxième vie : le site fait partie de la liste de ceux qui seront assainis grâce à des fonds wallons. (DEVOGHEL)


22:25 Écrit par Jacques Chevalier dans Documentation | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

22/11/2006

Lu dans les "News" de la SRAHV

CONFERENCE AU CENTRE CULTUREL DE VISE PAR DAPHNE MARTINOT : CHERATTE ET SON CHATEAU : UNE EVOLUTION EXCEPTIONNELLE  LE VENDREDI 19 JANVIER  A 20 H.

La conférencière, Daphné Martinot diplômée en architecture a étudié dans le détail le château Saroléa de Cheratte qui aurait été construit par un maître de fosses, Gilles Saroléa, seigneur de Cheratte en 1643 et en style mosan. Elle présentera les différentes phases constructives d’un château plus ancien qu’on ne le croyait. Elle parlera de son histoire mouvementée qui aurait pu se terminer  au 20e s….. avec l’achat de cette demeure par M.Lowie en 1976. L’évolution du dossier de restauration au sein des différentes administrations, le problème " Lowie" et les potentialités du site du Cheratte..... le problème de l'abandon et du délabrement de ce château....une oeuvre exceptionnelle qui peut rivaliser avec le château de Fayenbois, d’Eysden et d’autres en style mosan. Des documents photos exceptionnels seront présentés lors de cette conférence qui devrait attirer tant les Cherattois que les passionnés d’architectures que les curieux d’énigmes et d’histoire à rebondissements aura lieu le 19 janvier à 20 h.   PAF de 3 € (membres 2007) et 3,5 €  (non-membres).

 

10:51 Écrit par Jacques Chevalier dans Documentation | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

12/11/2006

Lu dans Visé Magazine

Edition du 10 novembre 2006 page 4 :

CHERATTE

 

Appel à la mémoire

 

En partenariat avec l’Institut d’Histoire Ouvrière, Economique et Sociale (IHOES) et le Cercle Photographique Priorité à l’Ouverture, la locale de Visé-Cheratte de l’Association Culturelle Paul Renotte (ACPR) lance un appel à tous les Cherattois et anciens habitants du village en vue de rassembler ce qui pourrait s’appeler « notre Histoire », l’Histoire d’un village du Monde. Il s’agit d’un travail qui va s’étaler sur plusieurs années parce que la collecte du vécu de chaque personne qui désirera participer n’est pas une mince affaire.

Nous voudrions en premier lieu prendre contact avec toutes les personnes ayant travaillé au charbonnage du Hasard à Cheratte, tant ceux du fond que ceux de surface, mais aussi leurs enfants.

Début novembre 2007, nous organiserons dans un partenariat que nous espérons le plus large possible, une série de manifestations en rapport avec le trentième anniversaire de la fermeture du siège Cherattois du Hasard. Les éléments recueillis dans le cadre de notre étude précitée permettront, outre leur valeur documentaire, de donner plus de vie aux souvenirs.

Nous voulons aussi prendre contact avec toutes les associations et personnes intéressées par notre démarche sans que celles-ci soient directement motivées par l’aspect « charbonnage ».

Notre partenariat, dans le cadre de cette étude devrait dans les prochains jours encore s’agrandir à d’autres institutions.

 

N’hésitez pas à nous contacter :

 

Myriam PIRON et Jacques CHEVALIER, animateurs ACPR, rue de Visé, 198 à 4602 Cheratte (bas) gsm : 0476/479388, tél (le soir et WE) au 04/377.22.26  mail : acpr@mail.be, communiquez-nous vos coordonnées avec adresse et n° de téléphone (et/ou gsm), e-mail si vous avez Internet, nous vous contacterons très rapidement.

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19/10/2006

La mort du documentaire

Article paru dans le journal Libération - mardi 22 août 2006 -

 

En dépit d'un engouement inédit, le film documentaire se porte de plus en plus mal,

victime des formatages imposés par les bureaux d'études des chaînes de télévision.

La mort programmée du documentaire

 

Par Frank Eskenazi,

producteur de documentaires.

  

Depuis quelques années, le documentaire connaît un succès inédit en France. La réussite de certains films en salles, ou sous forme de DVD, atteint  des niveaux méconnus. Une bonne dizaine de chaînes câblées sont consacrées au documentaire, tandis que sa production se maintient à des niveaux raisonnables sur les chaînes du service public. Quelques films, jugés performants, accèdent même, depuis quelques années, au soleil du prime time.

 

Le grand public n'a jamais connu une telle possibilité de rencontrer le documentaire et il n'est pas une conférence de presse des responsables de l'audiovisuel public sans que ne soient vantés ses mérites et son apport en terme de diversité pour les grilles de programmes.

 

Que de monde autour du tombeau !

 

Car en réalité, le documentaire est en train de mourir. Il meurt sous les coups portés par ceux-là même qui prétendent lui donner enfin vie. Pour le comprendre, il faut tout d'abord définir de quoi nous parlons. En commençant par réfuter une idée absurde : le documentaire ne se définit pas par rapport à la fiction. Il n'est pas un cinéma de non-fiction dans le sens où la fiction serait le domaine de la re-création et le documentaire celui du réel. Pour s'en convaincre, il suffit de regarder un documentaire animalier. De quoi s'agit-il d'autre sinon de pure fiction montée à base d'animaux dont les comportements appartiennent à l'image mentale des hommes ? Faire un film, quel qu'il soit, c'est nécessairement recréer le monde. Produire un documentaire, ce n'est rien d'autre que d'essayer de voir le monde à travers un regard singulier, en considérant que la fiction du monde est un matériau suffisant en soi, sans qu'il faille la rejouer avec des comédiens. La grandeur du documentaire réside dans cette fragilité même : il est un objet hybride, impur.

 

Or, cet objet complexe, qui ne tient qu'au regard d'un réalisateur, n'entre plus dans le champ de ce que la télévision publique considère comme possible - aucune attention ici ne sera prêtée à la télévision privée, dont la seule mission est la rentabilité ; le documentaire n'est que trop marginalement un genre rentable.

 

Il est intéressant sans doute de comprendre comment les documentaires se sont appauvris au fil du temps. Lorsque nous, producteurs, proposons un film à une chaîne, nous rencontrons un «chargé de programme». Notre problème, comme le sien, est d'abord de faire entrer le film dans une «case». Elles sont regroupées soit par thème (histoire, sciences-médecine, société française, découvertes-voyages, immigration-insertion, économie, etc.) soit par durée (26 minutes, 52 minutes, 90 minutes), soit par horaire de diffusion (prime time, 22h30, 23h30, 0h30 ou plus tard). Ces «cases» n'ont rien de honteux par elles-mêmes, si ce n'est leur existence qui rend malvenu tout projet atypique, inattendu.

 

Un grand absent dans ces cases : le monde. Par manque d'audience, nous explique-t-on avec un geste d'accablement, la plupart des continents ont disparu, si ce n'est dans la case découvertes-voyages. Et l'histoire, ce n'est pas toute l'histoire, c'est l'histoire en tant qu'elle est déjà historique, balisée, et susceptible de mobiliser nos passions nationales. Fêter les anniversaires de la libération des camps, de la guerre d'Algérie, aide en outre à faire passer la pilule en inscrivant un film dans la préoccupation du moment. Le documentaire a besoin d'alibi. Un même enrobage, bien que différent, s'impose pour la Société ou pour la Science, où apparaît l'obligation de ne s'intéresser qu'à des problèmes déjà rebattus, déjà médiatisés par des personnalités célèbres.

 

Les difficultés ensuite s'enchaînent. Après avoir découpé le monde en sujets, il convient que ceux-ci fassent le tour intégralement des films. Que les sujets remplissent les creux et les déliés. Qu'on ne s'en écarte pas. À la télévision, le sujet est roi.  Or, un sujet, ça n'existe pas. A partir d'un même sujet (exemple : il y a cent ans, le capitaine Dreyfus était gracié), bien des films sont possibles. Lequel aura un regard, une façon qui lui est propre de mettre en forme un «sujet» ?

 

Car ce regard est à présent vécu comme une contrainte : malheureusement, semble-t-il, il faut un réalisateur. Cette contrainte, le journalisme audiovisuel l'a évacuée depuis longtemps. Il sait travailler avec efficacité, sans se préoccuper trop du sens de ses images et il ne se fait aucune illusion sur le fait qu'un chat noir soit un chat noir. Ce savoir-faire, propre au journalisme, intègre de plus en plus la grammaire des «documentaires», notamment dans la surabondance des commentaires. Que vienne à passer un chat noir et nous entendons « ce chat est noir » . Or, qu'est-ce qu'un commentaire sinon l'affirmation qu'il n'y a qu'une seule vérité, celle du film ? L'éventuel tremblement que doit inspirer un documentaire entre ce qui est vrai ou pas, bon ou pas, moral ou non, réel ou fantasmé, équivoque, humoristique, avéré ou seulement possible, n'est plus.


Dans ces petits bureaux où nous nous retrouvons pour présenter nos projets, un film n'est plus anticipé pour ce qu'il recèle en lui de magie, de force, d'émotion, mais en vertu de ce que le public est censé ressentir. Penser et ressentir à la place du public est le vrai métier des chargés de programmes. Ils ne manquent pas d'arguments. Le département à présent le plus puissant des chaînes commerciales et publiques est celui des études. Ces études, par l'intermédiaire d'échantillonnages, de calculs, de données, d'indices de correction, mesurent à la minute qui regarde quoi, avec quel degré de satisfaction, hommes, femmes, enfants. Lorsque vous zappez d'une chaîne à une autre, ils le savent, ils savent même pourquoi. Mais de quelles études s'agit-il ? élaborées comment ? selon quels échantillons ? avec quelles garanties scientifiques ? personne ne le sait ni ne le saura jamais. Le département des études est le coeur névralgique de la télévision car sa mission non dite, sous couvert de satisfaction du public, est de répondre aux attentes des annonceurs. Le département des études ne souhaite pas une télévision qui questionne le monde, mais l'intègre, le restitue. De sorte qu'en regardant la télévision, il ne soit plus jamais possible de quitter le monde qui fabrique la télévision. Il n'y aura plus jamais de temps morts, l'enjeu n'est plus qu'économique. Tout simplement, la télévision est devenue ce qu'elle est, un média mesurable à chaque seconde du jour et de la nuit, qui ne sait vivre qu'en compétition et ignore la tranquillité.

 

L'une des conséquences les plus tristes de ce découpage du monde en sujets est l'appauvrissement sans fin des propositions. Comme M6 et TF1, les chaînes publiques brassent inlassablement les principales structures sociales, connues et rassurantes, grandes pourvoyeuses d'émotions. La police, l'armée, les pompiers, l'hôpital, l'école, la justice, la beauté, le mal du dos... Ces sphères sociales ont l'immense avantage de bénéficier de cadres aisément repérables. Une caserne, un tableau noir, une blouse d'infirmière... Se dessine ainsi une vision de la France (et de notre métier) tellement normée qu'elle en devient absurde. S'il fallait s'en tenir à de si nombreux «documentaires» diffusés par le service public, notre vie serait d'une telle banalité qu'il y a fort peu de chance qu'un vrai réalisateur s'intéresse jamais à elle : après l'école, nous apprenons un métier, nous rencontrons l'amour et nous partons en vacances... Dans ce désert des émotions et ce trop plein de péripéties, notons au passage qu'une catégorie sociale échappe à tous coups à cette surreprésentation : la vieillesse, qui manque pas mal de «glam». L'essence de la télévision, sa condamnation éternelle, est d'être un média jeune.


 

Le plus amer, c'est que l'audiovisuel public possède un allié de taille dans cette disparition annoncée : nous-mêmes, producteurs et réalisateurs, qui en venons à nous autocensurer. Pour sauver nos boutiques, nous devançons les désirs du château. Nous en venons à comprendre les préoccupations d'une télévision lancée à tombeau ouvert, en renonçant par avance à nombre de projets dont nous supposons les chances si maigres. Nous ne proposons plus que des films a priori acceptables selon des critères qui ont fini par nous coloniser, rendant les réalisateurs à leur tour plus timorés encore. De sorte qu'une partie du travail de désintégration, c'est nous-mêmes qui l'effectuons. Ainsi qu'il nous l'est fréquemment rappelé, il est bien vrai que le public ne fait pas la différence entre un reportage d' Envoyé spécial et un documentaire. Les coulisses du dernier spectacle de Patrick Bruel, c'est du «documentaire». Loin de s'offusquer de cette vérité que formule la rue, la télévision y voit au contraire la possibilité de satisfaire une audience que n'apporteraient jamais des films plus sensibles, et parfois peut-être plus difficiles, tout en s'appropriant la gloire attachée au mot documentaire. Bien sûr, en toute honnêteté, la gravité de cette situation n'empêche pas qu'il soit encore possible de produire et réaliser de beaux films. Mais nous avons de plus en plus le sentiment d'être des contrebandiers, de satisfaire des plaisirs clandestins. Ce qui est un comble, s'agissant du service public, dont la mission proclamée est d'innover et de donner davantage de présence aux créateurs.

 

Mais à l'inverse des émissions religieuses, protégées par les églises, des émissions politiques, nécessaires à l'exercice de la démocratie, qui prendra la parole pour le documentaire ? Cet objet dérangeant ne peut trouver sa place sans une volonté, un peu surnaturelle, qui aurait discerné le prix de cet inconfort. Le documentaire va mourir et personne ne s'en inquiétera. Car le combat pour sa défense n'apportera ni un téléspectateur ni un électeur de plus. Il y aura peu de monde à son enterrement, mais ce seront des gens bien...

 

Article communiqué par Wallonie Image Production

11:13 Écrit par Jacques Chevalier dans Documentation | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |